Cécile Rapoport vient d'être admise en qualité de membre junior à l'Institut universitaire de France (IUF)

Son projet est intitulé : « L'Union européenne et la circulation internationale de la norme juridique ».

Cécile Rapoport. Crédit : Cyril Ballay
  • Que représente cette admission à l’IUF pour vous ?

Cette admission à l’IUF témoigne d’une reconnaissance car elle montre que les questions que j’étudie dans le cadre de ma recherche sous un angle juridique ont retenu l’intérêt d’un jury à la fois international et pluridisciplinaire. Pour un chercheur, savoir que ses travaux et ses projets de recherches ont été jugés pertinents constitue toujours une grande source de motivation et d’investissement. Plus largement, c’est une belle reconnaissance pour l’IODE qui compte désormais deux membres de l’IUF en son sein.

  • Quelles sont vos attentes, vos projets vis-à-vis de cette admission ?

Mon admission à l’IUF va me donner l’opportunité de mener à bien pendant cinq ans un projet de recherches dans des conditions privilégiées puisque je dispose d’un budget pour conduire ma recherche et d’une décharge de service qui me permettra d’y consacrer davantage de temps. C’est le rêve de tout enseignant-chercheur !
Bien qu’en délégation auprès de l’IUF, je reste néanmoins affectée à l’Université de Rennes 1. Ceci me permet de rester actrice de la vie scientifique locale tout en ayant l’opportunité de contribuer, à ma mesure, au rayonnement des travaux rennais à l’extérieur.

  • Pourriez-vous nous en dire plus sur votre projet « L'Union européenne et la circulation internationale de la norme juridique » ?

Le projet de recherche s’inscrit dans le prolongement de travaux juridiques menés par différents auteurs autour du phénomène de globalisation juridique. Ces travaux mettent notamment en avant une évolution de la manière dont l’État produit du droit. Surtout, ils soulignent le fait que les différents systèmes politiques et juridiques, les différentes cultures juridiques du monde interagissent de manière croissante sous l’effet de la mondialisation des échanges, de la circulation des personnes et des idées. La convergence des règles juridiques entre différents systèmes juridiques devient alors un enjeu majeur tant économique que géopolitique. Sur un plan économique, la convergence des règles juridiques réduit l’incertitude et apparaît comme un outil de réduction des coûts de transaction. Sur un plan géopolitique, l’enjeu est alors de savoir à partir de quel standard, il conviendra d’opérer la convergence des règles juridiques. Le droit devient alors un enjeu de pouvoir au moins autant qu’un enjeu de société.
Mon ambition, dans le cadre de ce projet, est ainsi de comprendre comment l’Union européenne en tant qu’acteur international appréhende ce phénomène de circulation internationale de la norme juridique.

  • Et de manière plus générale, vos thèmes de recherche portent sur… ?

Depuis ma thèse, mes travaux portent sur le droit de l’Union européenne avec une inclination particulière pour l’action extérieure de l’Union européenne.
Ayant eu dans ce cadre l’occasion d’étudier de nombreux accords externes de l’Union, j’ai pu prendre conscience de certaines stratégies d’influence normative déployées par celle-ci mais aussi de sa perméabilité croissante au droit « venu d’ailleurs » pour reprendre une expression bien connue du Doyen Carbonnier. C’est ce qui m’a donné l’idée de consacrer une étude plus globale et plus systématique à la manière dont l’Union européenne doit aborder la circulation internationale des normes.

Interview de Cécile Rapoport, juin 2017.