Nomination de Karine Lefeuvre au Comité consultatif national d'éthique

Karine Lefeuvre, membre de l’IODE et professeure à l’EHESP, a été désignée par le ministère de la Justice pour intégrer le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE).

Karine Lefeuvre

Karine Lefeuvre, membre de l’IODE, professeure et directrice adjointe du département des sciences humaines et sociales à l’EHESP, vient d'être nommée membre du Comité consultatif national d’éthique, « en qualité de personne qualifiée choisie en raison de sa compétence et de son intérêt pour les problèmes d’éthique ». Professeur de droit et d’éthique, elle est spécialiste du droit de la protection des personnes vulnérables et des questions de droit et d’éthique (consentement, maltraitance-bientraitance, régimes de protection juridique des majeurs, anticipation), elle travaille depuis 3 ans sur la question de la démocratie en santé.

Le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé est un organisme consultatif ayant le statut d'autorité administrative indépendante, dont la mission est de donner des avis et d'encourager le débat public sur les problèmes éthiques et les questions de société soulevés par les progrès de la connaissance dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé.

Karine Lefeuvre a accepté de répondre à quelques questions concernant sa nomination.

  • Quelles sont vos impressions sur cette nomination ?

J’ai été nommée au Comité consultatif national d’éthique par arrêté du 26 décembre 2017 sur proposition de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, dans le cadre du renouvellement d’une partie des membres de ce Comité. Je remplace la professeur Dominique Thouvenin. Je suis honorée par cette nomination, et très intéressée par les débats qui s’y tiendront dans le cadre de la rédaction des avis sur des sujets de société.

  • Quels sont les intérêts pour vous à siéger au CCNE ?

Évidemment, le fait de travailler sur la protection juridique des personnes vulnérables m’a conduite depuis plusieurs années à réfléchir sur des enjeux aux confins entre le droit et l’éthique dans toutes ses dimensions (notamment du point de vue des personnes âgées ou handicapées prises en charge et accompagnées, de leurs proches aidants, des majeurs protégés sous tutelle et curatelle, ainsi que sous l’angle des professionnels, ces derniers se questionnant très fréquemment sur le sens et les implications juridiques de leurs pratiques au quotidien.
Le CCNE est une instance composée de spécialistes de différents champs, ce qui permet d’aborder les questions avec un croisement de regards forcément bénéfique. Dès mon arrivée en décembre, j’ai pu faire des propositions relatives au projet d’avis sur le vieillissement en cours de finalisation, et l’on voit que le regard du juriste ne met pas l’accent sur les mêmes problématiques que les philosophes ou sociologues par exemple, ou les formalise différemment. Par ailleurs, les nouveaux membres ont été d’emblée entraînés dans le cadre de la mission d’organisation des États généraux de la bioéthique dévolue au CCNE. Le fait de faire partie de cette instance donne une autre visibilité et offre de nouvelles expériences, telle que la participation à l’émission de France Culture « La méthode scientifique » le 7 février dernier, et plus récemment la participation à un dîner organisé par le président de la République sur la fin de vie.

  • Quels sont vos thématiques actuelles et projets de recherche ?

Je continue de travailler sur les questions de protection juridique des majeurs vulnérables, sur la prévention de la maltraitance, la fin de vie, et depuis 3 ans sur la démocratie en santé, c’est-à-dire toutes les formes de participation des patients et résidents dans leur parcours individuel de soin et d’accompagnement, dans l’organisation des établissements et services et au niveau territorial.

Un journée de conférences-débats autour de la bioéthique aura lieu le samedi 17 février 2018 à la Maison des associations de Rennes. Cette journée intitulée « Assistance à la procréation et médecine prédictive - tests génétiques » est organisée dans le cadre des États généraux Bioéthique et ouverte à tous.
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Entrée libre