Édouard Richard : une démarche particulière de recherche de fond… et de fonds

L’Argent de Zola et le krach de l’Union générale : une étude juridique

Jules Feder et Eugène Bontoux sidérés au moment de leur arrestation (février 1882) - Illustration originale : Raphael Siboni
  1. Une recherche de fond
  2. Une recherche de fonds

Du haut de son double mètre, Édouard Richard nous contemple ! Mais il n’est pas que contemplatif. Dans son bureau de la faculté de droit, abrité derrière des piles de livres, Don Ricardo Il Magnifico a concocté une impressionnante étude d’histoire du droit des affaires.
 
L’Argent de Zola et le krach de l’Union générale : une étude juridique
1er volume : 3 163 534 caractères (1 136 p.) Format papier
2nd volume : 3 561 658 caractères (1 300 p.) Format numérique
soit plus de 2 400 pages d'histoire du droit des affaires !
 
L’édition de ce travail hors norme étant un véritable défi et représentant un coût important pour l’éditeur, l’historien du droit s’est aussi transformé en internaute averti afin de lever des fonds supplémentaires via une démarche (réussie) de financement participatif. Comme quoi on peut être historien du droit et avoir les deux pieds dans le XXIe siècle !

Une recherche de fond

De multiples rééditions de L’Argent ont été faites depuis la date de parution de cet épisode des Rougon-Maquart (1891), particulièrement en version de poche, lesquelles mais restent, au vu de leur format, fatalement lacunaires, même si les aspects économiques, ont pu être abordés par les spécialistes des lettres zoliennes,
 
Le krach de l’Union Générale (1882), dont Zola s'inspira pour son ouvrage a été quant à lui étudié par l’historien Jean Bouvier et, sous l’angle comptable par Nicolas Praquin. Cependant, aucune étude d’ampleur n'a été entreprise quant à la question des rapports entretenus entre L'Argent et le droit. Pourtant, confronté à la réalité du droit économique et financier de son temps, Zola a tenté de maîtriser les tenants et aboutissants de l’odyssée de l’Union Générale. Le réalisme de ses descriptions juridiques, nonobstant quelque rares errements, est assez remarquable pour un profane. Le projet consista donc à établir un parallèle aussi fidèle que possible entre les deux « aventures », la romanesque et celle, réelle, de l’Union.
Mais l’approche juridique du roman, pouvait également servir de prétexte à étudier la réalité du krach de la banque d’Eugène Bontoux. Comme pour le roman lui-même, il n’existe pas d’étude d’histoire juridique.
 
Le premier volume, comprend en premier lieu le texte original du roman, accompagné de plus de 600 notes explicatives. Suit une étude thématique et systématique permettant d’effectuer le parallèle entre la version du roman et la réalité de la vie et la chute de l’Union générale (800 p.) laquelle montre la permanence des réflexes des acteurs du monde de la finance. La jurisprudence de l’Union générale (procès principaux et annexes non connus), ainsi que les plaidoiries a été entièrement effectuée. Les intérêts très complexes et souvent contradictoires qui opposèrent les actionnaires et les créanciers, mais aussi les intermédiaires (agents de change, coulissiers), sont décryptés pièce par pièce. Y figurent de grandes questions toujours actuelles : rachat d’actions, dividendes fictifs, rémunérations des dirigeants et administrateurs des grosses entreprises, manipulations des assemblées générales, etc.). Le cataclysme que constitua la faillite de l’Union pour des milliers de petits porteurs, explique le caractère timoré du libéralisme français en la matière de libéralisme.
 
Le deuxième tome de cette étude (1 300 p.) est essentiellement composé de pièces justificatives (pièces originales, statuts de la société, actes modificatifs, liste des souscripteurs, plaidoiries, réquisitoires, etc.). Là encore, le rapprochement avec les renseignements fournis par le romancier est particulièrement saisissant de réalisme.
 
Le désarroi des juristes de l’époque quant à la perception des conséquences de ce terrible krach en dit long sur l’imperfection congénitale de la science juridique, lorsque celle-ci se trouve confrontée aux réalités économiques qu’elle est loin de maîtriser ; bref, le divorce entre économie et droit, criant au XIXe siècle.
 
Figurent enfin dans les deux volumes plusieurs illustrations, des photos de documents originaux, des portraits d'époque, mais aussi des schémas et tableaux explicatifs des montages financiers, des bilans de faillite, etc.

Une recherche de fonds

Outre les demandes de subventions actuellement en cours auprès d’organismes publics (IODE UMR CNRS 6262 – CNL – CSN), le financement de cette publication a également fait l’objet d’une campagne sur le site de financement participatif Kisskissbankbank.