Une nouvelle directrice-adjointe à l'IODE !

Sandrine Turgis, maître de conférences, a été nommée directrice-adjointe de l'IODE

Sandrine Turgis

Maître de conférences, membre de l'IODE et associée également au Centre de recherche de St Cyr Coëtquidan, Sandrine Turgis a été nommée directrice-adjointe du laboratoire, elle a accepté de répondre à quelques questions.

  • Pourriez-vous vous présenter et faire un retour sur votre parcours ?

Je suis maître de conférences en droit public depuis 2011. J’ai commencé mes études juridiques à l’Université de Caen. C’est au cours de l’année que j’ai passée en tant qu’étudiante ERASMUS à Queen Mary and Westfield College à Londres que j’ai décidé de m’orienter vers la protection internationale et européenne des droits de l’homme. J’ai alors intégré le DEA de droit comparé des droits de l’homme de l’Université de Strasbourg et consacré ma thèse – dirigée par le Professeur Jean-François Flauss – à l’étude des interactions entre les normes internationales relatives aux droits de la personne. Après la soutenance en 2009 de ma thèse de doctorat à l’Université Paris II-Panthéon Assas, j’ai été recrutée comme Maître de conférences à l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Après un détachement au Ministère de la défense en 2015-2016 qui m’a permis d’intégrer le corps enseignant des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan, j’ai rejoint en septembre 2016 l’Université de Rennes 1.

  • Quels sont vos principaux thèmes de recherche ?

Mes recherches sont principalement centrées sur la protection internationale et européenne des droits fondamentaux. Je suis rattachée à l’axe « intégration européenne » de l’IODE et membre du pôle transversal « Droit, numérique et sciences » (DNS). Mon travail de thèse a orienté ces recherches sur les interactions entre les normes internationales relatives aux droits de l’homme qui se produisent entre le niveau universel et le niveau régional ainsi qu’en leur sein. Il s’agit d’analyser les fondements juridiques de ces rapports normatifs, leurs acteurs et leurs effets. Des publications parallèles à la thèse m’ont conduit à approfondir l’étendue de la participation des organisations régionales d’intégration à ces interactions et notamment celle de l’Union européenne. A condition de ne pas lui accorder une place excessive ou artificielle, l’analyse des interactions normatives peut mettre en lumière que les évolutions de la protection des droits fondamentaux, dans le cadre d’une organisation sub-régionale, régionale ou universelle, n’est pas indifférente aux concrétisations réalisées par ailleurs et permet ainsi d’identifier l’un des ressorts de sa dynamique. 
Les bouleversements liés à l’usage d’internet et la prise en compte des évolutions liées au numérique et à l’environnement cyber par le droit international et européen est un thème de recherche que j’ai particulièrement développé depuis la soutenance de ma thèse. Mes travaux portent notamment sur la protection des utilisateurs d’internet, la coexistence d’internet et des médias traditionnels, l’accès au droit par internet, les données numériques des migrants et des réfugiés ou le volet cyber de la lutte contre le terrorisme. La généralisation du numérique et de ses usages nécessite un encadrement juridique adapté tenant compte de son ambivalence puisqu’il permet d’espérer le meilleur pour les droits et libertés tout en laissant craindre le pire.

  • Quels sont vos projets en cours et à venir ?

Je travaille actuellement à la publication des actes de la Journée d’étude sur « Les données numériques des migrants et des réfugiés » que j’ai organisée fin 2017, tout en terminant la rédaction du fascicule du Jurisclasseur consacré à « l’Organisation des Nations Unies et droits de l’homme ». Parmi les autres projets, je vais citer notamment le projet PROFILE initialement porté par Maryline Boizard et que j’ai repris avec Alexandra Bensamoun. Les résultats de ce projet pluridisciplinaire (mené avec l’INRIA – IRISA) consacré aux enjeux juridiques et informatiques du contrôle des données face aux pratiques de profilage donneront lieu en 2019 à une publication collective ainsi qu’à un colloque.